Face à des sites saturés et à l’exemple du Tour du Mont‑Blanc et du lac d’Oeschinen, la Suisse multiplie les mesures locales — de la réservation de télécabine aux taxes et fermetures ponctuelles — sans qu’il n’existe pour l’heure de règle nationale généralisée sur la réservation des randonnées.
Contexte et pression touristique
Le tourisme a atteint des niveaux record récemment: selon un reportage, la Suisse a enregistré plus de 60 millions de nuitées en 2025, Lucerne ayant accueilli près de 9 millions de visiteurs. Dans ce contexte, des lieux très accessibles et photogéniques attirent des afflux qui pèsent sur les infrastructures et les habitants.
Des mesures locales déjà en place
Plusieurs communes et sites ont adopté des réponses ciblées:
- Le lac d’Oeschinen (Oberland bernois): réservation obligatoire pour accéder à la zone autour du lac entre le 20 juin et le 20 septembre.
- Iseltwald (lac de Brienz): un tourniquet payant sur le ponton demande 5 francs pour l’accès.
- Lac du Klöntal (Glaris): trois dimanches par an, l’accès des véhicules sera interdit.
- Lac de Taney (Vouvry): réduction importante des places de stationnement, mise en place de places payantes et renforcement des transports publics.
- Lucerne: taxe de 100 francs pour les cars touristiques instaurée en 2025, mesure qui a réduit de moitié le nombre de cars selon le reportage.
- Oeschinen et autres sites emploient des rangers et distribuent des sacs‑poubelle pour sensibiliser les visiteurs.
Randonnées et refuges: cas pratiques
Le Tour du Mont‑Blanc, fréquenté par quelque 80’000 personnes par an, est au centre d’un débat en France où des réservations de refuges et contrôles sont proposés. En Suisse, aucun dispositif national équivalent n’est prévu pour l’instant, mais des mesures locales existent déjà pour des sites très fréquentés.
Plusieurs acteurs interrogés dans le reportage indiquent des positions nuancées: Johanna Burgener (Pizol) considère que la randonnée des 5 lacs n’a pas besoin de restriction pour le moment, Stoos propose des itinéraires alternatifs pour répartir les visiteurs, et le Club alpin suisse (CAS) défend le libre accès à la montagne tout en reconnaissant la hausse de la demande.
«Nous n’excluons pas que des mesures de gestion ponctuelles se multiplient à l’avenir dans les lieux particulièrement fréquentés.» — Remo Schläpfer, CAS
Le CAS rappelle aussi que les refuges ont déjà une limite naturelle: «Une nuitée dans nos refuges n’est possible qu’avec une réservation valide.»
Grands projets et adaptation: l’exemple du Titlis
La région du Titlis a connu une fréquentation importante: les remontées mécaniques ont investi dans un grand projet (indiqué à 150 millions de francs) visant à renforcer l’offre au sommet, tandis que la menace de disparition du glacier est signalée sur un horizon de 20 à 30 ans. Ces choix montrent la tension entre développement d’infrastructures et enjeux climatiques.
Quelle tendance pour l’avenir?
Les informations disponibles montrent une augmentation des réponses locales — réservations de télécabine, tourniquets, fermetures ponctuelles, taxes pour cars — mais pas d’harmonisation nationale. Les autorités locales combinent sensibilisation, adaptation des transports publics et régulation du stationnement. Il est donc probable que de nouvelles mesures ponctuelles se multiplient, ciblant d’abord les sites les plus accessibles et les plus visités.